Alors voilà, il se trouve que, sans vouloir rompre l'épais mystère autour de ma localisation géographique, j'habite dans une ville de féria. Et, pendant la féria, j'en viens presque à regretter le temps où j'habitais dans une ville de tour Eiffel.

La féria, pour les non-initiés, c'est :

- de jour : la fête du taureau, dans les arènes et l'assiette, mais aussi la fête du pastaga, du sombrero et de l'aïoli (faut aimer, mais c'est la tradition, tu peux pas comprendre).

- de nuit : la fête du pastaga, du pastaga et du pastaga, mais aussi du rhum, du whiskey et des gogues dans la rue (faut aimer, mais c'est la tradition, tu peux pas comprendre).

Bref, en bas de chez moi, toute la nuit, une bonne vingtaine de Patrick Sébastien en puissance ont bruyamment trinqué en se prenant qui pour Dalida, qui pour le phare d'Alexandrie, qui pour le petit bonhomme en mousseuh-mousseuh-mousseuh. Ils ont aussi pissé un peu partout, en sont joyeusement venus aux mains vers 4heures, ont un peu vomi une fois réconciliés et puis s'en sont rentrés chez eux, enfin j'imagine.

Je veux pas faire le grincheux, le vieux, le père, ni le vieux père grincheux, mais franchement, c'est pas un peu moyen-âgeux comme façon de sociabiliser ?

(On s'en cogne en plus d'Alexandra à Alexandrie avec ses magnolias là).

Alors j'ai regardé la télé, DimDamDom avec un portrait croisé de Coco Chanel et Saint-Laurent et un excitant reportage sur les ravages de la mini-jupe dans le Paris bien-pensant des sixties. Et comme le petit bonhomme en mousse ne voulait toujours pas se coucher, vers 2h30, j'ai ouvert le double DVD de Godard qui traînait depuis des lustres dans mon meuble Fly. Passion avec Isabelle Huppert et Nouvelle Vague avec Alain DeLoin.

Bon, moi j'aime bien Godard, j'ai un très bon souvenir du module littérature et cinéma à l'occasion duquel je l'avais découvert : Le Mépris, A bout de souffle, Pierrot le ouf.

Mais Nouvelle Vague et Passion, c'est juste...pire que la féria.

A tel point que je me suis endormi. Ca sert aussi à ça, un mauvais Godard.

(tout cela me fait penser à une chanson de l'excellent petit groupe Volo à propos d'une certaine finale de coupe du monde).